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Exemple D'essai | Économie Informelle

Parag 1. L’économie informelle dans les pays industrialisés à économie de marché.

Dans la plupart des pays industrialisés à économie de marché, économistes, politiciens, journalistes, sociologues, et autres ont commencé à s’intéresser depuis le début des années 70, à une forme spécifique d’économie qualifiée d’économie souterraine, ou non officielle. Beaucoup de raisons sous jacentes sont invoquées pour qu’on s’y intéresse. D’une part, sa part dans le PIB est importante et représente entre 10% et 20% selon les pays, et les modes de calcul. Elle représente un élément important et croissant de l’activité totale. D’autre part le rôle qu’elle peut jouer en tant « qu’amortisseur » anticyclique à la crise qui caractérise les économies industrialisés. L’intérêt porté à l’économie non officielle commence à mettre en doute la qualité des résultats de la mesure officielle du PIB. C’est ce dont rend compte D. BLADES, non sans humour, dans un rapport publié par l’OCDE : « les taux d’épargne seraient biaisés, la taille et la croissance de l’économie sous estimée, le chômage exagéré, et avec l’hypothèse plausible que le produit caché revient moins cher que son équivalent de l’économie exposée, l’inflation serait surévaluée. Bref, la stagflation ne serait rien d’autre qu’une illusion statistique » .
Cependant le phénomène n’a rien de nouveau, et sous d’autres noms et d’autres formes, l’économie souterraine a toujours existé .
Depuis les années 70, le contexte de crise qui marque les pays occidentaux, a mis à jour une abondante littérature qui insiste sur les formes de production et d’échange de biens et de services occultes, qui échappent à la quantification et à l’évaluation au moyen des instruments classiques des économistes. Ces formes sont désignées sous un foisonnement d’expressions : travail au noir, autoproduction, travail domestique, entraide, économie souterraine, informelle, non officielle, invisible, parallèle…On parle parfois de l’économie sociale qui nécessite d’être distinguée, puisqu’elle relève à la fois de l’économie formelle et informelle .
A l’origine de ce regain d’intérêt, une série de préoccupations, qu’il s’agisse de l’intérêt porté au travail au noir en liaison avec la pression fiscale et le chômage, ou aux travaux sur l’économie domestique, en relation avec le mouvement de libération des femmes, ou encore à la mise en évidence de l’entraide ou aux activités d’autoproduction, liées aux pratiques conviviales.
L’économie non officielle réduite parfois à l’économie souterraine est communément comprise par les instances internationales (Union européenne, ONU…), comme, d’une part, l’ensemble des activités productrices licites non déclarées et, d’autre part, l’ensemble des activités illicites, productrices de biens ou de services.
Les travaux sur l’économie non officielle dans les économies industrialisées sont nombreux, et ils visent à mieux cerner le phénomène pour aboutir à la formulation de questions sur sa nature, ses causes, ses formes, son ampleur, son évolution et son rôle. Dans le cadre de ce débat, plusieurs interrogations sont soulevées, et que au-delà de l’analyse du phénomène se pose son rôle dans les difficultés rencontrées par les économies développées, et de s’interroger sur l’avenir du système économique capitaliste et les moyens de réduire le coût social de la crise .
Ainsi plusieurs questions sont posées :
– Qu’est ce qui explique le développement du phénomène et quels sont les arguments avancés ?
– S’agit-il d’activités antérieures à la crise ou d’activités tout à fait nouvelles ?
– L’économie non officielle est elle considérée comme « amortisseur » de la crise , ou ne traduirait-elle pas de manière plus profonde l’incapacité du système dominant à réguler toutes les activités nécessaires à son fonctionnement , ou ne se présente t- elle pas comme une alternative à l’économie marchande dans l’impasse , manifestant un regain de la, société civile ?
L’économie non officielle revêt différents aspects, selon les secteurs et l’intention de ses promoteurs : fraude (partielle ou totale) ou évasion fiscale, travail « au noir » ou illégal, commercialisation de productions non déclarées, mais aussi production et commerce clandestins d’alcool, de stupéfiants, d’animaux, trafics d’armes, proxénétisme, blanchiment de l’argent sale…

Tableau N° 1 Activités de l’économie non officielle

Activités productrices licites non déclarées Activités illicites productrices de biens ou de services

Unités de production déclarées Production et commerce clandestins d’alcool
– fraude : tout ou partie des déclarations omises ou tronquées ; Production et commerce de drogues illicites
(héroïne, cocaïne, drogues synthétiques, cannabis)
– évasion fiscale : absence totale ou partielle de déclaration. Trafics de produits contrefaits
(produits de luxe, disques, médicaments, pièces détachées, etc.)
Elles sont considérées comme la production non déclarée au sein d’entreprises déclarées et immatriculées. Par exemple : dissimulation de recettes, TVA non versée… Trafics de marchandises de contrebande (cigarettes, etc.)
Unités de production clandestines Trafics de faux documents
– travail au noir, travail dissimulé, services de voisinage; Trafics d’œuvres d’art volées
– production non déclarée d’unités de production non déclarées : Revente de véhicules volés
• activités marchandes (atelier de confection, réparation automobile non déclarée; travaux de maçonnerie, de peinture et de tapisserie pour des particuliers); Trafics d’armes à feu, d’explosifs, de munitions, de matériels de guerre
• travaux domestiques (garde d’enfants, travaux de ménage). Trafics de biens de consommation (sucre, etc.)
Trafics de biens stratégiques (pétrole, matières premières, etc.)
Activités illégales de jeux, loteries, machines de jeux
Trafics d’animaux
Trafics d’êtres humains
Proxénétisme
Certaines activités illicites non productives (vols, cambriolages, rackets) ne sont pas comprises dans le champ de l’économie souterraine, mais relèvent néanmoins de la criminalité organisée comme les activités ci-dessus, etc.
J. Rimbert, à partir de sources INSEE, DGCCRF, OCDE.

L’appréhension du phénomène se heurte à une double difficulté : celle de la définition du phénomène et celle de son évaluation.
A- Définition de l’économie non officielle.
Il existe plusieurs interprétations du domaine de l’économie non officielle. Celle-ci étant souvent liée à la problématique adoptée au départ. L’économie non officielle est un concept vague et les désaccords et la confusion qui l’entourent proviennent dans une large mesure de l’emploi d’un grand nombre de termes différents, utilisés pour des décrire des groupes d’activités analogues, quoique non identiques.
Ainsi, pour E.L.FEIGE, « le secteur invisible (qu’aucuns préfèrent nommer « non mesuré », « non imposé », « non officiel » ou « souterrain ») comprend toute l’activité économique qui échappe à l’appareil social de mesure et notamment au système des comptes nationaux à cause des conventions comptables, des non déclarations ou des sous-déclarations » .
Pour d’autres, tels que P. ROSANVALLON, l’économie non officielle comprend non seulement la production illégale- au sein de laquelle le travail au noir se taille la part du lion-, mais aussi l’économie domestique dont le développement serait de nature à modifier certaines idées reçues sur le fonctionnement du système économique .
Enfin, certains chercheurs tels que X. GREFFE vont plus loin dans l’appréhension du phénomène en considérant que l’économie non officielle comprend « toute une série d’activités qui se déroulent en marge des normes dominantes de la division du travail, du salaire, et de la protection sociale qui lui est associée. On y placera donc simultanément le travail domestique, le travail au noir, certaines activités reposant sur des principes de coopération interindividuelle, le travail autonome… »
Cette dernière définition étant plus complète, il importe d’examiner les trois manifestations essentielles de ces activités informelles :
I- Le travail au noir
L’économie souterraine est souvent confondue avec le travail au noir, or ce dernier ne représente que l’un des aspects de celle-ci. Il constitue une composante principale, et selon certains, le pilier de l’économie informelle. Les qualificatifs couramment employés pour caractérise

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